Les feux en Gironde maîtrisés, enquêtes ouvertes en Bretagne… le point sur les incendies en France

Les pompiers estiment maîtriser la situation en Gironde, même si les feux ne sont pas fixés. Ils redoutent une aggravation des conditions météorologiques.

« Pour la deuxième journée consécutive, les deux feux » qui brûlent en Gironde depuis le 12 juillet, « ne présentent plus de fronts de flammes constitués et n’ont pas progressé », selon un dernier bilan de la préfecture. Le point sur la situation.

Les feux de La Teste et Landiras maîtrisés même si pas fixés

Au total, près de 20 800 hectares de forêt ont été ravagés : 7 000 hectares à La Teste-de-Buch et 13 800 ha sur le secteur de Landiras, représentant à lui seul un périmètre de 66 km2.

« Nous avons traité de nombreuses reprises de feu dans les zones brûlées mais aucune d’ampleur. Les travaux préventifs se sont poursuivis toute la journée », a fait savoir le lieutenant-colonel Arnaud Mendousse du Sdis 33. « Nous ne considérons cependant pas encore les feux comme fixés car nous estimons qu’ils pourraient encore repartir à la faveur d’une aggravation des conditions météorologiques », a souligné ce porte-parole des pompiers de Gironde.

Pour la nuit de mercredi à jeudi, il a indiqué la « poursuite des bonnes conditions » météorologique avec « très peu de vent » et une « forte hygrométrie ». Marquée par « un peu plus de température », la journée de jeudi « reste dans des conditions favorables », a-t-il poursuivi.

D’ailleurs, une partie des habitants qui ont été évacués pourraient rentrer chez eux à partir de ce vendredi. Des discussions sur le sujet doivent avoir lieu ce jeudi avec « l’ensemble des maires des communes évacuées », afin notamment « d’envisager la temporalité des retours », a fait savoir le sous-préfet de Langon, Vincent Ferrier, à l’occasion d’un point presse.

Emmanuel Macron au front

« Merci à vous, merci infiniment ! » A La Teste-de-Buch, au bord du bassin d’Arcachon, où il est arrivé dans l’après-midi, le président a longuement rendu hommage aux sapeurs-pompiers, aux personnels de la sécurité civile, aux forces de l’ordre, aux élus et à l’ensemble des personnes mobilisées contre le feu qui ravage la forêt située aux abords de la dune du Pilat.

Il a ensuite rejoint Langon, au poste de commandement du feu de Landiras, à 40 km au sud de Bordeaux.

Les pompiers toujours mobilisés

Environ 2 000 sapeurs-pompiers, de toute la France, et d’importants moyens aériens (6 Canadair et 2 Dash) sont mobilisés en Gironde. Lors de sa visite, le président de la République a reconnu le manque de moyens. La France va devoir « acheter plus » d’avions de lutte contre les incendies, a convenu Emmanuel Macron à La Teste-de-Buch.

Les 22 avions dont est dotée la protection civile étaient « suffisants ces dernières années. (…) Est-ce qu’il faut en avoir davantage ? La réponse est oui », a-t-il jugé, soulignant que cette flotte augmentée serait européenne et appelant à « redéployer une stratégie industrielle » pour construire ces appareils.

Enquêtes ouvertes en Bretagne

Les deux incendies déclenchés lundi, et désormais fixés à environ 95 % selon la préfecture du Finistère, « ont de manière certaine une origine humaine » et « le caractère criminel de l’incendie touchant le site de Brennilis » (Finistère) est « manifeste en raison du constat de deux départs de feu distants de 30 m », pointe la procureure de Quimper Carine Halley.

Le premier feu, le plus important, est parti de la montagne Saint-Michel de Brasparts vers 15h15 et « s’est rapidement propagé sur plusieurs centaines d’hectares de friches », a rappelé la magistrate.

Un second feu a ensuite « été signalé à 23h21 en forêt, au lieu-dit Ploenez, sur la commune de Brennilis ». D’après les constatations des techniciens de l’identité criminelle de la gendarmerie, « ces deux incendies ont de manière certaine une origine humaine » mais « aucun lien n’est à ce jour établi entre les deux sinistres », souligne la procureure.

S’agissant du premier incendie, à Brasparts, le parquet a ouvert une enquête délictuelle « l’origine volontaire des faits (…) n’étant pas certaine ». En revanche, une enquête criminelle a été ouverte pour le second incendie, à Brennilis, des chefs de « crime de destruction volontaire par incendie de bois, forêt, landes, maquis ou plantation pouvant créer un dommage irréversible à l’environnement ».

Crédits photos : Le Parisien – Les pompiers commencent à souffler en Gironde. Reuters/Benoit Tessier