Pompier pyromane de l’Hérault : «Il n’arrivait pas à s’arrêter», son avocate évoque une «addiction»

L’homme est soupçonné d’avoir déclenché de nombreux feux de forêt dans le secteur de Saint-Jean-de-la-Blaquière. Il en reconnaît certains, survenus depuis le mois de mai.

Après son interpellation en début de semaine, il a reconnu huit départs de feu depuis le mois de mai dans l’Hérault. L’avocate de ce pompier volontaire et adjoint au maire de Saint-Jean-de-la-Blaquière explique ce dimanche sur France bleu ce qui l’a conduit à commettre de tels actes.

Celui qui a été repéré, entre autres, après quatre départs successifs de feux sur la commune où il exerçait des fonctions politiques, évoque « une addiction. Il a besoin d’allumer des feux, il a besoin de voir du feu. Cela lui permet aussi d’avoir des montées d’adrénaline », selon les termes de son avocate, Me Marion Barre.

Elle insiste sur le fait que ce père de famille placé en détention provisoire n’a « pas le profil d’un délinquant ». « Il ne connaît pas du tout le milieu carcéral ».

« Il se dit soulagé que ça s’arrête »

Parallèlement, le mis en cause se dit également « honteux » et a fait part de ses « regrets ». Il ne reconnaît par ailleurs pas tous les faits pour lesquels il est suspecté. Son conseil explique qu’il réfute toute responsabilité dans des incendies déclenchés avant le mois de mai.

L’homme de 36 ans est libéré d’un poids depuis son arrestation, selon son avocate : « Il se dit soulagé que ça s’arrête parce que, comme pour toutes les addictions, il y a un moment donné où on est conscient de ce qu’on fait. »

Me Marion Barre poursuit en confirmant qu’« il y aura nécessairement une expertise psychiatrique et une expertise psychologique ». Elle prévient cependant qu’elles ne fourniront peut-être pas toutes les explications espérées.

A Saint-Jean-de-la-Blaquière, où Le Parisien s’est rendu, le maire, Bernard Jahnich, qui a lui-même été pompier, explique que « c’est quelqu’un que je connais bien, avec qui j’avais de bonnes relations au-delà du travail ». Son arrestation « va permettre de baisser les tensions ». Interrogé, un pompier local ne souhaite pas s’étendre. « On n’a pas envie d’en parler. Ça fait mal. Il faut qu’on digère la pilule, et elle a du mal à passer. » Un autre insiste : « il faut retenir que ce n’est pas l’ensemble de la profession, c’est juste lui. » Le pyromane risque 15 ans de prison et 150 000 euros d’amende.

Crédits : Le Parisien – Des pompiers interviennent sur un feu de forêt. (illustration) LP / Olivier Corsan