Crash d’un Mirage près de Luxeuil : le pilote « s’est éjecté au dernier moment » pour limiter les dégâts

Après le crash d'un avion Mirage 2000-5 au nord de la base aérienne 116 de Luxeuil jeudi 3 novembre, des enquêtes de sécurité et judicaire sont en cours. Le pilote va bien. Il est sorti rapidement de l'hôpital.

« Il a vraiment fait preuve d’un grand professionnalisme, d’une grande maîtrise de son appareil et d’un grand sang-froid », souligne la colonelle Anne Abadie ce vendredi 4 novembre, au lendemain du crash d’un Mirage 2000-5 de l’escadron de chasse 1/2 Cigognes en Haute-Saône. Celle qui dirige la base aérienne 116 de Luxeuil explique que le pilote est sorti rapidement de l’hôpital après l’accident et qu’il a pu retrouver ses camarades.

Le pilote âgé d’une trentaine d’années est aguerri. Il a 1.400 heures de vol sur cet avion à son actif. « Il est resté à bord de son appareil le plus longtemps possible, il a dirigé son appareil vers une zone boisée qu’il savait inhabitée et il s’est vraiment éjecté au dernier moment pour s’assurer que son appareil poserait le moins de dégâts au sol », raconte la colonelle Abadie. Le siège éjectable a été retrouvé tout près de la carlingue. « Il a également veillé à éjecter son réservoir de kérosène qui était vide, mais l’éjecter avant le crash permet de limiter le risque de suraccident », précise la colonelle. Seuls quelques arbres ont été coupés au moment où l’avion s’est écrasé.

L'avion rentrait de mission

Pour l’instant, on ne connait pas les causes de cet accident. On sait que l’avion rentrait d’une mission en Essonne et qu’il effectuait son dernier virage avant d’atterrir sur la base de Luxeuil. Deux enquêtes sont menées en parallèle, « une enquête technique qui vise à déterminer les causes de l’accident et une enquête judiciaire sous l’autorité du procureur de la République », détaille la colonelle. Les enquêteurs du Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État (BEAE) et de la gendarmerie de l’air sont à pied d’œuvre. 

La zone du crash, située à cinq kilomètres au nord de la base, est surveillée par la gendarmerie. Il ne faut pas tenter d’y aller, car cela pourrait gêner le travail des enquêteurs. Si un promeneur tombe sur ce qu’il pense être un morceau de carlingue, il faut le laisser à l’endroit où il le trouve et appeler immédiatement la gendarmerie« Ces enquêtes peuvent prendre plusieurs mois parce qu’elles sont extrêmement exhaustives », explique la colonelle Abadie. La zone va rester bouclée tant que les enquêteurs n’ont pas fini et que tous les débris et éventuelles pollutions n’ont pas été retirés.

Crédits : France Bleu – C’est un avion Mirage 2000-5 comme celui-ci qui s’est écrasé au nord de la base aérienne 116 de Luxeuil, jeudi 3 novembre. © Radio France – Jean-François Fernandez