Accident mortel en Dordogne : « on se rend compte qu’on est impuissant », dit le patron de la boîte de nuit

Le parquet de Périgueux a ouvert une enquête pour homicide involontaire après l'accident de la route à Mareuil dimanche. Cinq jeunes sortaient d'une soirée en discothèque et le conducteur avait bu. L'un d'eux est mort, trois sont gravement blessés. Le patron de la boîte de nuit est sous le choc.

« Quand je suis arrivé sur place, je me suis à moitié écroulé, je me suis dit qu’est-ce que j’ai fait, je suis un monstre », souffle Thomas Pontois. Le gérant de l’Eden, une petite discothèque de Saint-Crépin-de-Richemont en Périgord vert n’arrive plus à dormir. Dimanche au petit matin, il était en train de fermer son établissement lorsqu’un des agents de sécurité l’a appelé pour lui signaler un grave accident de la route, à Mareuil, à moins d’une dizaine de kilomètres de là. Un jeune est mort, les quatre autres blessés, dont trois gravement.

"On se rend compte qu'on est impuissant"

Les cinq jeunes avaient passé la soirée dans la boîte de nuit. Au moment de l’accident, ils étaient sur la route, pour rentrer en Charente. Pour le moment, on ne sait pas ce qui a causé l’accident, mais le conducteur de la BMW, blessé à la hanche, a été testé positif à l’alcool. Le parquet de Périgueux a ouvert une enquête pour homicide involontaire.

Les accidents de la route, Thomas Pontois sait ce que c’est, il a longtemps été ambulancier. En tant que patron de l’Eden, il a déjà été confronté à des sorties de route, mais jamais à un accident aussi grave. Et même s’il ne connaissait pas les cinq jeunes personnellement, il les reconnaissait, ils venaient de temps en temps passer une soirée à l’Eden. « Notre devise, c’est que la vie est une fête. On est là pour vendre du rêve aux gens, leur offrir des choses. On essaye de faire très attention, on a mis plein de choses en place. Mais on se rend compte qu’on est impuissant face à des choses comme ça », dit-il.

"On ne peut pas se mettre devant toutes les voitures et les stopper"

Dans son établissement, l’entrée est gratuite pour les Sam, ceux qui ne boivent pas. Ils ont deux boissons sans alcool offertes et laissent leurs clés de voiture à l’entrée. « On leur répète sans cesse de rester dormir sur place. Il y a un éthylotest à la sortie, on leur offre des cafés… Mais on reçoit un peu moins de 300 personnes. On fait notre maximum mais malheureusement on ne peut pas se mettre devant toutes les voitures et les stopper, la loi nous l’interdit aussi », ajoute-t-il. Il s’interroge : « Qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? Je ne sais pas. On va se renseigner auprès de la préfecture pour voir s’il y a des actions à mettre en place en plus de ça, mais oui, c’est compliqué. »n est impuissant face à des choses comme ça », dit-il.

Crédits : France Bleu – Les cinq jeunes sortaient de la boîte de nuit (photo d’illustration). © Radio France – Nathalie Col